Séminaire Smart Governance 2018 : L’enquête de FuturoCité

Pour l’édition 2018 de son “baromètre”, étude orientée vers des thématiques ayant trait à la “smart city” et/ou à la transition numérique, FuturoCité avait choisi de braquer les projecteurs sur la “culture de la donnée”. Existe-t-il une “culture” des données au niveau et au sein des pouvoirs locaux ? Où en sont les communes en termes de mise en conformité avec la réglementation RGPD (Règlement européen sur la Protection des Données) ? Comment les villes et communes se positionnent-elles par rapport aux open data ? Quelles sont les ressources mises en œuvre (personnel, processus, outils) ? Des stratégies et processus structurés voient-ils le jour ?
Un total de 112 villes et communes wallonnes, soit 43% du total, ont participé à cette enquête, dont voici quelques éléments et enseignement majeurs.

Une perception influencée par la taille

La taille des villes et communes détermine dans une large mesure la manière dont elles perçoivent les données, leur importance, leur utilité, et déploient ou non des projets et actions.
“Les grandes entités perçoivent l’open data et le RGPD comme des opportunités alors que les petites y voient surtout une contrainte”, souligne Nicolas Installé, directeur de FuturoCité.
Les chiffres ?

  • 12% (moyenne générale) y voient une contrainte
  • les plus grandes entités, par contre, y voient une opportunité de plus grande transparence (24%) ou de regain de participation citoyenne (23%)
  • 20% estiment que les open data sont une opportunité pour améliorer la qualité de leurs données
  • 18% y voient un instrument pour stimuler l’innovation dans leur région ou sur leur territoire
  • 3% estiment même que les open data peuvent être une source d’économies financières.

Bien peu d’ouverture

Seules 9% des communes ayant participé à l’enquête (soit 10 communes) “ouvrent” leurs données. Dans 9 cas sur 10, les données concernées se limitent à des matières culturelles et touristiques.
Les formats de publication laissent en outre encore à désirer. On relève en effet encore beaucoup de PDF, de données et fichiers non structurés, ce qui rend l’exploitation difficile.
Seules 2% des 112 communes ayant répondu à l’enquête affirment que leurs données sont “analysées et utilisées de manière intelligente, par le biais de solutions analytiques voire d’applis d’intelligence artificielle.”
25% des communes participantes disent s’abstenir d’ouvrir leurs données parce qu’elles “ne savent pas quels types de données peuvent être ouvertes”.
13% ne savent pas quand les données doivent être anonymisées. 12% disent craindre de perdre ainsi le “contrôle” sur leurs données.

Connaissance insuffisante des données

Elles sont par ailleurs encore minoritaires à avoir répertorié les données dont elles disposent. 36% des 112 communes participantes ont procédé à un inventaire : 30% via leurs propres équipes ; 3% via un prestataire extérieur; et 3% ont certes un inventaire mais qui n’est plus à jour.
Remarque importante : la taille des entités ne semble pas influencer ce paramètre.
Les audits de qualité sont également largement absents : seulement 9% ont procédé ou fait procéder à un audit de qualité. 46% pensent le faire, “prochainement”, mais 46% n’envisagent pas de le faire.

Un Décret méconnu

Le Décret Open Data a été voté par le Parlement wallon en juillet 2017 mais les arrêtés d’exécution ont pris du retard. Faut-il y voir l’une des raisons d’une grande méconnaissance de son existence-même et, a fortiori, de son contenu ? Toujours est-il que de 39% des communes ayant participé à l’enquête de FuturoCité disent ne même pas avoir connaissance de son existence.

Les compétences internes

Le nombre de communes ayant désigné un échevin en charge du numérique semble progresser. “C’est important”, souligne Nicolas Installé, “dans la mesure où il s’agit là de quelqu’un qui peut avoir une vision transversale des besoins et opportunités à travers tous les services dont une commune a la charge ou qu’elle peut déployer”.

Score global relevé par l’étude de FuturoCité : environ 30% des communes disposent d’un échevin en charge du numérique. Si les petites communes sont encore à la traîne (24%), 38% de celles comptant de 5 à 50.000 habitants disposent bel et bien d’un tel échevin. La proportion est de 50% du côté des entités de plus de 50.000 habitants.
En raison de l’entrée en vigueur du RGPD, les profils de DPO (délégué à la protection des données) se sont multipliés. Plus de 80% des grandes entités en ont un. Les communes moyennes (de 5 à 50.000 habitants) approchent les 60%. On en trouve également un dans un peu plus d’une petite entité sur deux. Petite surprise : peu de communes ont décidé de “mutualiser” leur DPO avec d’autres entités ou d’autres services publics locaux (CPAS…).

Les besoins

Il y a, de la part des villes et communes, une large confluence dans les besoins exprimés. Ils concernent essentiellement des demandes d’accompagnement, de formations, voire de mise à disposition de documents et de bonnes pratiques, afin de mieux comprendre et s’approprier “l’ouverture des données”.
D’une manière générale, pour favoriser une prise de conscience de l’utilité et des usages possibles des données, on relève également une attente de “leadership” qui soit impulsé au niveau de la Région – ou du fédéral.
Chiffre significatif : 74% des communes disent être prêtes à collaborer avec des acteurs privés pour mieux exploiter leurs données.

Retrouvez tous les résultats de l’enquête

 

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